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L’histoire de ténacité de Linda

Lorsqu’elle était âgée de sept ans, Adriana – la fille de Linda – a reçu un diagnostic de trouble obsessionnel-compulsif (TOC) et de trouble anxieux. Alors qu’elle était auparavant une fillette dynamique et enjouée, Adriana est soudainement devenue très sérieuse. Cela a été très difficile pour Linda et son mari, qui voyaient leur petite fille aux prises avec des difficultés, mais qui ne pouvaient pas la prendre dans leurs bras pour la consoler parce qu’elle craignait d’être touchée.

Lorsque les psychiatres consultés n’ont pas été en mesure de l’aider, Linda a compris qu’il lui revenait de trouver une solution. Elle a fait des recherches et a commencé à appliquer sa propre méthode de thérapie comportementale. Elle a commencé par de petits gestes, notamment en encourageant sa fille à la tapoter pour lui montrer que rien de grave ne lui arriverait. Après un certain temps, Adriana l’a fait et a constaté qu’elle n’avait rien à craindre. Cet exercice a permis à Linda de tisser avec sa fille les liens de confiance nécessaires afin de continuer à travailler avec elle et à l’aider à surmonter ses craintes.

Aujourd’hui, Adriana tapote encore parfois Linda, mais ce n’est pas parce qu’elle ne peut pas la prendre dans ses bras. Elles s’embrassent fréquemment, mais ce tapotement est maintenant un geste spécial pour elles. Il leur rappelle tout le chemin qu’elles ont parcouru ensemble.

Questions et réponses

Comment as-tu découvert qu’Adriana souffrait de TOC?

Lorsqu’Adriana avait sept ans, j’ai remarqué qu’elle se lavait les mains très souvent et qu’elle mouillait ses vêtements. Je lui ai alors demandé de se laver les mains seulement lorsque c’était approprié. Elle a alors commencé à se lécher les mains, comme le fait un chat. C’est à ce moment que le déclic s’est fait dans ma tête. Je lui ai demandé si elle léchait ses mains parce que je lui dis de ne pas se laver les mains aussi souvent et elle m’a répondu par l’affirmative.

Un pédopsychiatre nous a donné un diagnostic officiel de TOC et de trouble anxieux quelques mois plus tard.

Comment cette situation a-t-elle affecté ta vie familiale?

Tous les membres de la famille ont été touchés. Adriana a même cessé de donner des caresses et des câlins à notre chien; il a appris qu’il devait éviter de s’approcher d’elle pour ne pas l’ennuyer. Nous avons tous dû ralentir la cadence. Adriana avait besoin de plus de temps pour se préparer; elle devait vérifier quatre fois qu’elle avait tout ce dont elle avait besoin dans son sac d’école et elle devait trouver le courage de sortir. Certains jours, elle n’y arrivait tout simplement pas. Mon mari et moi avons consacré beaucoup de temps à l’aider à affronter ses pensées compulsives et ses craintes. Son petit frère a appris à faire attention lorsqu’il se trouve près d’elle afin de ne pas l’effrayer. Nous enlevons les étiquettes des pots de peinture lorsque nous peignons une pièce, car le symbole du poison peut la mettre en état de crise.

Nous avons connu notre lot de conversations se prolongeant tard la nuit, de crises de panique, de pleurs et de manque de sommeil. Le départ pour l’école était difficile. Elle pleurait tous les jours lorsque je l’accompagnais à l’école. Elle était terrifiée par les dangers qu’elle croyait y rencontrer. Je pleurais moi aussi après l’y avoir laissée.

Elle ne pouvait pas participer à des activités habituelles pour des enfants de son âge, comme les fêtes d’anniversaire et les soirées pyjamas, parce qu’elle était trop effrayée. Certains membres de notre famille étendue n’ont pas bien compris la situation et nous avons dû espacer nos visites, car ils continuaient à faire des choses qui déclenchaient des comportements compulsifs chez elle. C’était difficile.

Comment votre famille et vous-mêmes êtes-vous venus en aide à votre fille?

Personne ne pouvait nous aider. J’ai donc compris qu’il me fallait trouver une solution. J’ai fait de longues recherches et j’ai créé ma propre méthode de thérapie comportementale.

Adriana évitait tout contact avec moi, alors j’ai commencé à l’encourager à me toucher avec un seul doigt, comme un tapotement sur le bras. Je lui ai assuré que si elle se sentait un peu malade après l’avoir fait, je la conduirais immédiatement à l’hôpital.

Après un long moment, elle a trouvé le courage de me tapoter et elle s’est rendue compte que rien ne lui arrivait. C’est ainsi que ces tapotements ont remplacé les câlins. La première étape a consisté à développer une relation de confiance. Cette confiance l’a aidée à marcher pieds nus sur le plancher et à aller à l’école sans céder à la panique. Elle lui a aussi permis de comprendre qu’elle n’avait pas besoin de mouiller ses vêtements pour éliminer les germes. Lorsque je dis qu’il a fallu du temps, je veux dire des années, mais elle a affronté ses peurs une à une.

Nous avons veillé à lui expliquer que le TOC était une maladie comme les autres et qu’elle n’avait aucune raison de se sentir mal à l’aise à cause de cela. Nous l’avons encouragée à continuer à faire des efforts pour que son état s’améliore. Lorsqu’elle s’est sentie prête, nous l’avons aussi encouragée à parler de sa situation aux gens qui l’entourent pour l’aider à se sentir plus forte et pour leur permettre de comprendre ce qu’elle vit.

Comment va Adriana aujourd’hui?

Adriana a maintenant 23 ans. Elle présente toujours un TOC et un trouble anxieux, mais elle a appris à s’adapter à cette réalité. À moins de connaître son histoire, on ne devinerait jamais par quoi elle est passée ou ce qu’elle a dû affronter. Elle vit seule et vient de terminer sa deuxième année d’université. Elle est une artiste très talentueuse.


Des pensées obsessives l’assaillent parfois, mais elle arrive généralement à apaiser ses peurs. Si elle ne réussit pas, elle me parle ou parle à un ami de confiance.


Le fait de devoir surmonter son TOC et son trouble anxieux lui a donné une force et l’a amené à s’accepter telle qu’elle est. C’est très beau à voir. Ce processus a été incroyablement difficile, mais elle a toujours été accompagnée. Elle demeure prudente dans certaines situations, mais si quelque chose est important à ses yeux, elle affronte ses craintes et elle fonce.

Pourquoi est-ce important pour toi de faire connaître ton histoire?

Je crois qu’il est important de raconter notre histoire parce que nous nous sommes sentis très seuls par moment, alors que nous n’étions pas les seuls dans cette situation. Même nos familles n’ont pas toujours compris les répercussions du TOC. Personne ne saisit vraiment la réalité d’un enfant vivant avec un tel trouble ni les répercussions de cette situation sur une famille.


En faisant connaître notre histoire, j’espère que d’autres personnes qui vivent des circonstances semblables se sentiront moins seules. Et peut-être que ce qui a aidé notre fille pourrait aider leur enfant. Notre société tient en haute estime la normalité, bien que personne ne soit vraiment « normal ». Chacun a vécu des expériences différentes et a dû composer avec des défis particuliers. C’est aussi le cas d’Adriana et de notre famille. Le fait d’en parler nous rend tous plus forts.

Quel conseil donneriez-vous aux parents d’enfants présentant des problèmes de santé mentale?

Il n’y a pas lieu de vous sentir coupable, car ce n’est pas de votre faute.

Si vous avez d’autres enfants, réservez-leur du temps; ils ont aussi besoin de vous (ce temps était précieux pour mon fils).

Recherchez du soutien et parlez-en.

Prenez d’abord soin de vous-même.

Collaborez avec les enseignants de votre enfant ainsi que le personnel de son école. Indiquez clairement à ses professeurs ce dont il a besoin; la plupart désirent vraiment aider.

Ce que les autres pensent n’a aucune importance. Agissez pour le bien de votre enfant et de votre famille. Ne soyez pas gêné par la situation.

Faites preuve de patience. Les choses ne s’améliorent pas du jour au lendemain; il faut du temps.

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